08/05/2010

Sans-papier : une régularisation qui en vaut la peine

sans-papiers.jpgHier soir, le Grand Conseil a su démonter qu'il est des régularisations qui valent la peine en votant à une très large majorité une résolution du PDC visant à intervenir auprès de la Confédération afin qu’elle annule l’ordre d’expulsion de la famille Selimi et procède à la régularisation de la situation de cette famille pour qu’elle puisse continuer à vivre en Suisse.

Que l'on soit clairs, une régularisation massive des sans papiers n'a jamais été la politique du PDC, mais il est des situations qui méritent d'être étudiées afin d'éviter des décisions bureaucratiques qui ne servent qu'à engraisser les statistiques fédérales pour la gloire d'un ministère :

Monsieur Selimi est venu du Kosovo en Suisse, en 1990, pour travailler. Il a rapidement trouvé un emploi dans une pizzeria et a régulièrement payé ses cotisation sociales, ses impôts, son assurance maladie. Il n’a jamais demandé d’aide des services sociaux.

En 2005, ne supportant plus la séparation avec sa famille (ce qui est parfaitement concevable), il fait venir du Kosovo sa femme Nazife et ses deux enfants Xhenete et Dibran, aujourd’hui âgés de 9 et 7 ans.

A plusieurs reprises le canton de Genève s’est dit favorable à l’octroi d’un permis. Mais l’Office fédéral des migrations et la justice administrative fédérale ont chaque fois opposé leur veto, reprochant à Monsieur Selimi ses années de travail sans permis et la déclaration tardive de l’arrivée de sa famille. Oui, il y a eu déclaration tardive, retard à mettre sur le compte de la peur d’un renvoi rapide de sa femme et de ses enfants.

 

Cette situation désolante a eu pour mérite de démontrer que cette famille est parfaitement intégrée, elle l'est tellement qu'elle est soutenue par l’ensemble des partis politiques (gauche et droite) représentés au Conseil municipal de Carouge, commune de domicile de la famille Selimi. Par ailleurs, le Conseil municipal de Carouge a voté le 15 novembre 2007, déjà!, une résolution demandant la régularisation de la situation. Le 15 avril 2010, une même résolution était votée à l’unanimité moins 2 voix.

L’exemple de cette famille illustre l’absurdité d’une situation qui pourrait être résolue avec un peu de bonne volonté de la part de la Berne fédérale mais la bonne volonté ne suffit pas si l'on ne prend pas la peine d'étudier ce cas en essayant de saisir les tenants et les aboutissants d'un dossier, c'est cette politique du "cas par cas" que le PDC soutient, mais visiblement, il est plus facile, dans ce pays, d'expulser des gens honnêtes plutôt que des criminels qui nous pourrissent la vie.

09:14 Publié dans Politique | Tags : sans-papier, régularisation, berne, clandestins, résolution | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |