29/04/2010

"Nous recrutons" qu'ils disent...

douane2.jpg"Garde-frontière - Nous recrutons!"

Telle est l'affirmation que nous pouvons lire sur la page internet de l'Administration fédérale des douanes (http://www.ezv.admin.ch/ezv/00426/01469/index.html?lang=fr) sous la responsabilité politique du Conseiller fédéral (encore longtemps???) Hans-Rudolf Merz.

Nous le savons, Genève manque cruellement d'un effectif douanier digne d'un canton qui partage plus de frontière avec un Etat étranger qu'avec la Suisse et que cette situation a ses avantages, mais aussi ses inconvénients du point de vue de l'importation d'une criminalité qui commence sérieusement à pourrir la vie tant de Genève, mais aussi du ressenti des uns vis-à-vis des autres, notamment dans les relations transfrontalières.

Aujourd'hui on apprend (Tribune de Genève du 29 avril 2010) qu' "Ils sont une vingtaine, des aspirants gardes-frontière. Tous, sans doute, devaient se réjouir de commencer leur formation le 1er juillet prochain, au sein du Corps VI, engagé à Genève. Berne vient d’en décider autrement, en gelant brutalement tous les effectifs!".

Le gel de ces effectifs est la conséquence d'une décision politique du Parlement qui demande une réduction des effectifs du personnel de la Confédération.

N'y avait-il pas d'autres secteurs, dans le mammouth administratif fédéral, dans lesquels cette mesure aurait pu s'appliquer?

Le Département fédéral des finances manque-t'il à ce point d'imagination et de priorités pour tailler à la hussarde dans un effectif UTILE alors que "Genève est en sous-effectif chronique, et que le Corps VI doit demander chaque mois des renforts venus de Suisse alémanique» et qu' "Il manque en effet 70 collaborateurs pour occuper pleinement les 316 postes à disposition, dont 100 rien qu’à l’aéroport." selon son commandant?

Mais peut-être que le département en question s'imagine que celles et ceux qui ont réussis leur examen d'entrée vont tranquillement attendre leur engagement en 2011...Il peut rêver!

Alors que nos douaniers effectuent un travail de plus en plus difficile et qu'ils déploient des efforts considérables en terme de campagne de communication et de recrutement, cette décision est purement et simplement un affront et cet affront il est aussi fait à Genève qui a aussi droit à ce que ses frontières soient bien gardées (cela vaut aussi pour l'ensemble du territoire national). Genève a aussi droit à ce que le travail des gardes frontière soit complémentaire à celui de la police pour rétablir l'ordre et la sérénité dans notre canton.

Ainsi, je vais interpeller le Parlement à ce sujet pour tenter d'inverser cette tendance qui, à mon avis, ne va pas dans le bon chemin et nous mènera droit dans le mur, faute de prendre la barrière douanière dans le front.

05:17 Publié dans Politique | Tags : douane, frontière, sécurité | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

28/04/2010

Walter Schlechten : un homme droit!

schlechten.jpg« Etre soi-même permet de se respecter et quand on se respecte, on respecte généralement les autres » Guy-Marc Fournier dans L’autre pays...

…c’est ce passage qui m’est immédiatement venu à l’esprit pour « commenter » le passage du témoin présidentiel de l’Union du Personnel du Corps de Police (UPCP) par Walter Schlechten.

J’ai eu l’occasion de connaître cet homme, lui comme syndicaliste, moi comme politique, lui comme homme, moi comme lui.

Voilà quelqu’un qui dans le débat démocratique et politique sait respecter son interlocuteur, il sait de quoi il parle car il a les mains dans le moteur et sait défendre une profession pour laquelle, je crois pouvoir le dire, il voue une passion motivée par un grand sens du service avec un grand S...une fidélité remarquable et une envie de faire avancer les causes qu’il défend.

Certes, ce ne fût pas de tout repos, on y laisse quelques plûmes, on ne peut contenter tout le monde…mais quelle ligne, quelle rigueur et quelle droiture…quitte à se mettre la hiérarchie à dos !

On n’est pas là pour cirer des pompes, on est là pour dire tout haut le malaise qui frappe toute une corporation et ce qu’elle pense tout bas !

Voilà comment Walter Schlechten a porté haut les couleurs de la police.

Alors chapeau bas, Minet (si je puis me permettre), et surtout ne changez rien : être soi-même, c’est, oui se respecter et respecter les autres, mais c’est aussi des convictions et une manière claire de les exprimer…et vous avez su nous le démontrer durant votre mandat.

 

Photo © Michel Perret

08:18 Publié dans Politique | Tags : police, upcp, geneve, walter, schlechten | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

23/04/2010

Actes pédophiles : il faut en finir avec l'omerta!

les-trois-singes-3.jpgLes actes pédophiles font malheureusement trop souvent l'actualité, avec toutes les incidences dramatiques qu’elles engendrent pour les victimes.

 

Dans la législation fédérale il n’existe aucune disposition prévoyant une obligation de dénoncer pour toutes les personnes dont la profession, la charge ou la fonction, exercée à titre principal, accessoire ou auxiliaire, est en relation avec des enfants.

 

Il y a lieu d’y songer !

 

Cette obligation ne se limiterait donc pas seulement aux hommes d'Eglise, toutes religions confondues, mais également aux enseignants, aux entraîneurs sportifs, aux médecins spécialisés, aux responsables de crèches, aux accompagnants sociaux ou à toutes les associations privées dont le but statutaire présente une rapport avec les enfants et les adolescents.

 

Le droit actuel reconnaît aux personnes astreintes au secret professionnel ou de fonction un droit d'aviser (art. 364 CP), mais pas un devoir de dénoncer.

 

Par ailleurs, l’art 363 du CP prévoit une obligation d’aviser  pour l’autorité compétente, lorsqu’elle constate au cours d’une poursuite pour infraction à l’encontre de mineurs, la nécessité de prendre d’autres mesures que celles prescrites  par le code pénal.

 

Deux dispositions (art 127 et art 219 CP) sont susceptibles de s’appliquer à des personnes ayant une position de garant sur des enfants. La jurisprudence cite en effet le responsable d’une institution, le directeur d’un home ou d’un internat, la gardienne de jour, la jardinière d’enfants et le maître d’école. Il convient cependant de relever que ces deux articles répriment des actions  ou des omissions (ne pas prendre les mesures pour écarter un danger) mais n’imposent pas un devoir d’annonce à l’autorité tutélaire.

 

Le nouveau code de procédure pénale fédéral ne prévoit une obligation de dénoncer que pour les seules autorités pénales. Notre actuel code de procédure pénale genevois reprend ce principe en imposant cette obligation aux fonctionnaires ou aux agents de la force publique. En matière d'actes pédophiles ce n’est pas suffisant.

 

L'objectif de cette disposition fédérale que je propose d’introduire serait  de renforcer le dispositif juridique afin que la justice puisse avoir connaissance de la commission d'actes pédophiles dans les meilleurs délais et avec le plus d'informations possibles. Cette nouvelle norme irait essentiellement dans le sens de la protection des victimes.

 

Il faut rendre attentives les autorités fédérales sur la pertinence d’une nouvelle disposition fédérale qui pourrait trouver sa place dans le droit pénal ordinaire ou dans le code de procédure pénale, en  s'inspirant notamment de l'article 54 de la loi valaisanne du 11 mai 2000 en faveur de la jeunesse qui prévoit ceci:

Toute personne qui, dans le cadre de l'exercice d'une profession, d'une charge ou d'une fonction en relation avec des enfants, qu'elle soit exercée à titre principal, accessoire ou auxiliaire, a connaissance d'une situation de mise en danger du développement d'un enfant, et qui ne peut y remédier par son action, doit aviser son supérieur ou, à défaut, l'autorité tutélaire.

 

En cas d'avis au supérieur, ce dernier est tenu d'agir dans les meilleurs délais, notamment pour faire cesser la situation de mise en danger, pour prendre toutes mesures utiles à l'intérêt de l'enfant et pour sauvegarder les preuves.

 

Les infractions poursuivies d'office doivent être dénoncées au juge d'instruction pénale. S'il y a doute sur l'opportunité de la démarche, il est possible de consulter le département.

 

La personne avisante est informée de la suite donnée de manière appropriée.

 

Demeurent réservées les dispositions spéciales du droit fédéral et cantonal.

A cet effet, il s’agirait notamment de rajouter un al.2 à l’article 363 du Code pénal précisant une obligation d’aviser l’autorité tutélaire pour toutes les personnes dont la profession, la charge ou la fonction, exercée à titre principal, accessoire ou auxiliaire, est en relation avec des enfants, sous réserve du secret de fonction et du secret professionnel.

 

Il y a lieu d’inviter les autorités fédérales à réformer le système en élargissant et en précisant mieux les obligations d'aviser la justice pénale de toute infraction grave contre les mineurs. Cette obligation d’aviser devrait également s’appliquer aux cas de grave maltraitance à l’égard des enfants car l’omerta qui règne dans ce domaine est simplement inacceptable !

 

06:37 Publié dans Politique | Tags : pédophilie, enfants, victime, dénoncer, omerta, genève, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |